Historique

Inspirées d’une légende allemande du XVe siècle, les tapisseries dites de « La Dame à la licorne » furent tissées dans les Flandres entre 1484 et 1500. Elles avaient été commandées par Jean Le Viste, président de la Cour des Aides de Lyon. À la suite d’héritages successifs, elles passèrent des Le Viste aux Robertet, aux La Roche-Aymon, puis aux Rilhac, qui les firent transporter dans le courant du XVIIIe siècle dans leur château de Boussac. En 1835, le château fut vendu à la municipalité de Boussac par leur lointaine héritière, la comtesse de Ribeyreix (née Carbonnières) ; il devint en 1838 le siège de la sous-préfecture de l’arrondissement.

Selon André Arnaud, cartonnier à Aubusson, ces tapisseries auraient été réalisées à partir de cartons du peintre Jean Perréal, dit Jehan de Paris. Selon le catalogue d’une exposition consacrée aux Primitifs français au Louvre en 2004, ce serait plutôt le style du Maître d’Anne de Bretagne (Jean d’Ypres, mort en 1508, ou son frère Louis, tous deux issus d’une lignée de peintres) qui aurait inspiré les cartons des tapisseries.

Découverte de la tenture

La tenture composée des six tapisseries était conservée au château de Boussac. En 1835, l’héritière du château, devenue par mariage Mme de Ribeyris, se décida à les vendre à la commune de Boussac.

Entre 1835 et 1840, l’écrivain George Sand, la « voisine de Nohant », figurait parmi les familiers de la sous-préfecture de Boussac et vit plusieurs fois ces tapisseries au château de Boussac, où elles étaient exposées dans les appartements et le bureau du sous-préfet. Elle en parle dans plusieurs de ses ouvrages et dans un article publié en 1847.

  • Jeanne (1844), Autour de la Table (1862), Journal d’un voyageur pendant la guerre (1871)
  • Voir notamment L’Illustration, 3 juillet 1847 (cité dans George Sand, Promenades dans le Berry, éd. Complexe, 1992 (préface de Georges Lubin), pp. 94-101)

En 1841, au cours d’une séance de la Commission des Monuments historiques, Prosper Mérimée signale l’état d’abandon des tapisseries et propose leur acquisition par la Bibliothèque royale. La subvention accordée pour restauration fut finalement détournée par la commune qui l’affecta au seul château.

L’état de la tenture empira. Rien ne bougea jusqu’au jour où un émissaire des Rotschild proposa son acquisition en 1877 pour 25 000 francs. Aussitôt Edmond du Sommerard, directeur du Musée des Thermes et de l’hôtel de Cluny, fut chargé de reprendre les négociations. Elles aboutirent lorsque la Commission des Monuments Historiques accepta de payer cette somme le 9 juin 1882. Le 21 avril 1883, la Commission l’inaugura en grande pompe, après qu’elle ait subi une première restauration aux Gobelins. Une seconde dut intervenir en 1889.

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