A Mon Seul Désir

La Dame à La Licorne - A Mon Seul Désir

La Dame à La Licorne – A Mon Seul Désir

La signification de la sixième tapisserie (le sixième sens ?) se laisse moins facilement saisir : la Dame y apparaît devant une tente surmontée de l’inscription  » A mon seul désir  » et semble déposer son collier dans la cassette que lui tend sa suivante.

Est-ce une pièce d’introduction ou de conclusion à la série des cinq sens ?
Ce calme solennel perdure dans la sixième tapisserie : mais le décor a changé. Les dimensions semblent agrandies. Une tente se dresse au fond, mouchetée de flammèches, ses cordages fixés aux troncs du pin et du houx.
La Dame, plus magnifiquement vêtue que jamais, quelques cheveux épars sur les épaules, les autres en bandeaux retenus par un harnais de perles que surmonte une aigrette, dépose, dans un coffret que lui présente sa servante, sa parure de roses ciselées qu’elle va recouvrir d’une bandelette de lin.
Son cou, pour la première fois, est nu ; son regard est dans le vague ; c’est presque en hésitant, dirait-on, qu’elle se dépouille ainsi de ses premiers atours.
Voici pour légende ces quelques vers de Pierre-Jean Jouve :

Lorsque couchés sur le lit tiède de la mort
Tous les bijoux otés avec les oeuvres
Tous les paysages décomposés
Tous les ciels noirs et tous les livres brûlés
Enfin nous approchons avec majesté de nous-même…

Oui, cette tapisserie exprime une hésitation essentielle, l’instant d’un choix fondamental. La Dame enfin s’approche avec majesté de soi-même, à l’entrée de cette tente dont deux animaux héraldiques mi-dressés, retiennent les pans.
Sur le bandeau frontal, quatre mots ont été brodés A Mon Seul Désir.

Cette inscription est à mettre en relation avec le Libéum arbitrum des philosophes grecs, qui voulaient voir le moyen de bien agir en échappant aux passions que déchaînent en nous des sens mal contrôlés. Le geste de la dame, qui dépose avec délicatesse le collier qu’elle portait jusque-là à son cou, illustre cette très belle signification morale.

Dans le ciel, passe la poursuite d’un échassier par un faucon ; celui-ci s’est envolé du poing d’un chasseur invisible, car il porte les grelots et les anneaux d’attache ; déjà l’échassier, au moment d’être atteint, bascule dans son envol. Au- dessus de la tente, parée des hermines de pureté mais aussi de la dédicace évidente, les deux oiseaux, l’oiseau de proie et l’oiseau en fuite, figurent le monde tout proche de la poursuite et du sang versé, répétant le langage qui mêle traditionnellement les symboles de la vénerie et de l’érotisme : du gibier forçé et de la femme conquise. Ainsi par quelques détails, le langage de l’ambiguïté subsiste-t-il jusqu’au bout…

La signification de la sixième tapisserie (le 6ème sens ?) se laisse moins facilement saisir : la Dame y apparaît devant une tente surmontée de l’inscription  » A mon seul désir  » et semble déposer son collier dans la cassette que lui tend sa suivante.

 Est-ce une pièce d’introduction ou de conclusion à la série des cinq sens ?

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